BLANCHE..., mon premier roman, avance (même si de dos)

Mis à jour : juin 25

Grosse émotion hier : j'ai reçu par mail, de la part de mon éditeur, DACRES, la première maquette de couverture de BLANCHE AU FIL DES JOURS, mon premier roman. Plein de premières fois... Et déjà je rêve... Comme Blanche parfois, du fin fond de sa chambre d'EHPAD "murée" par le Covid... Extrait.


"Toute la nuit de mauvais rêves l’ont malmenée, torturée. Le pire, c’est qu’au matin elle s’en souvient, comme si ce genre de souvenir-là pouvait lui servir à quelque chose ! Mais a-t-elle le choix entre ce qui demeure en elle et ce qui la fuit ? La maladie est pareille à une huissière qui, pour se payer lors d’une saisie, s’empare de ce qui lui tombe sous la main ; magnanime, elle a laissé à Blanche ses cauchemars inutiles. Par exemple, celui où elle surnageait au fond d’un puits sec, tout au fond ; et elle nageait pour se maintenir à flot, appelait, criait pour qu’on la sorte de là. Au-dessus de sa tête levée, sur fond de ciel d’orage, un visage apparut, puis un autre, et encore un autre. Blanche reconnut entre autres Charles et Louis. Qu’est-ce qu’elle était contente de les voir ces visages ! Mais ils étaient sans expression ni intention, ils la regardaient c’est tout, petites bulles si loin qu’elle n’en discernait pas les yeux. Elle criait encore, hurlait au secours à s’étouffer, mais seul le roulement de la foudre au loin lui répondait. Ensuite, il se mettait à pleuvoir dru, les visages disparaissaient, l’eau de pluie remplissait le puits à toute vitesse et Blanche se laissait noyer sans bouger, en se disant qu’au fond, c’était une manière comme une autre de remonter à la surface… Àla fin de ce cauchemar-là, elle a dû crier dans la vraie vie car il lui semble que quelqu’un est venu et lui a passé un gant d’eau fraîche sur le front. Elle ne sait plus très bien, n’est pas sûre de bien savoir, car la personne qui est venue était un homme, c’est-à-dire un aide-soignant. Comment cela serait-il possible dans un endroit où il n’y a que des aides-soignantes ?... Il faudra qu’elle pose la question."